Célébrer les 50 ans des accords d’Evian selon Claude Guéant

Dans deux jours, c’est le cinquantième anniversaire des accords d’Evian. Accords signés entre le Front de Libération Nationale Algérien (FLN) et les autorités françaises.

Cet accord mettait fin à huit années de guerre et des dizaines d’années d’insurrection clandestine.

Il devait marquer le début de l’émancipation, la liberté et la démocratie pour l’Algérie.

Mon Grand Père était membre actif du FLN, il a été emprisonné. Enchainé, pour avoir voulu être libre.

Il y a 50 ans, il fêtait, sans doute, la fin de la colonisation.

En France, en 2012, 50 ans après, le gouvernement actuel a choisi de ne pas fêter cet évènement.

Depuis quelques heures, je sais que le ministère de l’intérieur a choisi de fêter cet évènement à sa manière.

Et je vais vous dire ce qu’est la fête de l’indépendance, de la liberté, des accords de paix pour Claude Guéant.

Ce qu’est la fête de l’indépendance pour Claude Guéant, c’est ce que mon amie Kahina m’a raconté, il y a quelques heures.

Elle a assisté, cet après midi, à l’expulsion sur un vol commercial Air France d’un algérien.

Il était menotté, bâillonné jusqu’à l’étouffement, entouré de 15 CRS. Expulsé, privé de liberté, violenté.

Les voyageurs ont protesté, certains ont pleuré… La plupart se rendait à Alger pour fêter justement l’indépendance.

Je pense à mon amie dans cet avion. Elle a du imaginer la vie de ce voyageur entravé. Les enfants et la compagne qu’il a peut être laissé en France. L’humiliation des arrestations, la peur et la rétention.

Elle a du se dire et je me dis, que si ces étoiles européennes n’éclairaient pas nos papiers d’identité, çà pourrait être nous, dans cet avion.

Alors le silence sur les 50 ans de l’indépendance me semble encore plus clair aujourd’hui.

La privation de liberté, les brimades, les emprisonnements continuent sous d’autres formes.

Mon amie a du comprendre comme moi, que si on ne fêtait pas l’indépendance et la liberté en France, c’est qu’on n’avait pas pleinement tiré les leçons de l’histoire.

Que la guerre aux femmes et aux hommes, qui veulent être libres, n’est pas, tout à fait, finie.

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