Expulsion, des Hommes sans solution

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Roubaix, Jeudi 26 septembre, 21h. A l’entrée du camp. Il y a 150 personnes qui entourent une poignée de militants. Au moins 50 enfants, qui doivent aller à l’école demain matin. Mais demain matin à 7h, le camp sera évacué. Nous envisageons toutes les solutions. Un avocat a été mobilisé pour faire suspendre l’avis d’expulsion. Le repérage de nouveaux terrains est fait. Il y en a un, à Wattrelos. Le soir, autour du feu, certains décident de partir vite vers le terrain de Wattrelos. D’autres de rester, dans l’espoir qu’on leur propose une solution de relogement pendant l’expulsion.
 
Roubaix, Vendredi 27 septembre, 6h. Nous attendons, nous sommes 5 militants et dix familles, la nuit a été courte. Vers 7h, les forces de police arrivent. Les caravanes motorisées quittent le camp. Les autres sont tractées à mains nues ou avec des chariots de supermarchés sur la voie publique pour être remorquées vers la fourrière.
 
Il est 8h, l’association chargée du relogement arrive et  nous informe qu’une seule famille sera relogée dans une autre ville, à 40km. Une autre ira à l’hôtel, une semaine. Les 8 autres familles attendent, questionnent sur le relogement et l’école pour les enfants. Au même moment, les policiers sont sur le camp de Wattrelos, l’évacuation a commencé également. Au total, 30 familles sont dans la rue. Les riverains nous interpellent. Où vont-elles aller ? La compassion immense tranche avec l’hostilité qui s’était installée ces derniers mois. Des familles se réfugient dans les locaux d’une association, bien nommée La Solidarité. Elles n’ont plus de caravanes et donc nulle part où dormir. 2 familles y seront hébergées pour la nuit, Les autres dormiront dehors ou dans les locaux d’un médecin généraliste.
 
Il est 17h, les militants cherchent des moyens pour récupérer les caravanes non motorisées car aucune autre solution n’a été trouvée pour la nuit. Mais ou les mettre une fois sorti de la fourrière ?
 
Il est 20h. On commence aussi à organiser les collectes de vêtements et de nourritures. Les familles n’ont plus rien.
 
Roubaix, samedi 28 septembre, 11h. De nombreux militants se retrouvent pour faire un point de la situation. Deux autres camps seront évacués la semaine prochaine. 150 personnes à Croix, 100 personnes à Roubaix.
 
Tout le monde semble avoir renoncé à mettre en œuvre la circulaire du 26 aout 2012. Quelques maires prennent l’initiative d’accompagner des familles Roms dans leur relogement. Ils ont trouvé sur leur commune un ou deux logements sociaux vacants. Les élections municipales approchant, le temps manque pour construire des solutions soutenues par les financements européens.
 
Il n’est plus question, désormais, de refaire le débat de l’élargissement de l’Europe. Nous devons simplement agir. Des enfants sont privés d’école après plusieurs années de scolarité et leurs parents, simplement, jetés à la rue. Les expulsions doivent cesser immédiatement car elles ne seront jamais une solution.
 

 

 
 
 
 
 
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