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POLITIQUE MOTS A MOTS

La rigueur budgétaire conduit à des coupes dans les budgets des politiques nationales et dans les dotations aux collectivités locales. Ces réductions impactent les montants de subventions versées aux associations. Le mouvement des associations citoyennes vise à alerter sur cette situation et à créer les conditions d’une refondation positive du partenariat avec les pouvoirs publics.

Après la Révolution Française, des initiatives très nombreuses ont été prises par des citoyens qui souhaitaient se réunir dans des organisations qui mêlaient activités économiques, solidarités et actions politiques : clubs, coopératives, mutuelles et associations … Sous la IIIème République, l’installation progressive du capitalisme industriel entre en contradiction avec ces autres formes d’organisations de la société. Seules les associations caritatives sont alors tolérées. Les lois sur les syndicats, la coopération, les mutuelles et la loi 1901 sur les associations viendront donner un cadre juridique, consolidant le dialogue social entre les mouvements ouvriers, l’Etat et le monde patronal. Jusqu’à la fin des années 70, les associations sont des espaces d’expérimentations qui font naître de nouvelles politiques publiques et qui sont financés par l’Etat dont elles deviennent partenaires dans l’action publique. La décentralisation a entrainé une implication de plus en plus importante des collectivités locales dans la prise de nouvelles compétences et dans le financement d’initiatives citoyennes portées par des associations. Aujourd’hui, dans une période de recul de l’Etat social, ces partenariats sont remis en question.

Quels constats fait-on aujourd’hui ?

1) Les formes d’engagement ont changé et cette phase de transition fragilise le monde associatif

Jacques ION, dans son ouvrage « La fin des militants » publié dans les années 90, expliquait que l’engagement militant avait considérablement changé de nature en quelques années. L’engagement sacerdotal, à temps plein dans une organisation, a été remplacé par des participations ponctuelles et sporadiques à des opérations militantes. Ce phénomène s’est renforcé avec l’ère du numérique et des réseaux sociaux. La cyber militance a envahi l’espace public. Dans une période récente, pour qu’un sujet soit mis à l’agenda politique, une association organisait des débats ou des manifestations. Aujourd’hui, une action ponctuelle, individuelle ou en petits comités (pétition sur facebook, hapening, etc.) peut susciter le même effet en quelques clics. C’est la question même de l’action collective, dans la durée, à une échelle locale, qui est remise en question par le non renouvellement des militants dans les organisations « historiques ».  Mêmes si 32 millions de Français ont une activité bénévole, les cotisations sont moins importantes.

2) Les politiques menées, depuis 10 ans, créent les conditions d’une marchandisation du monde associatif

En 1986, la France a signé le traité de l’Acte unique européen organisant la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes. Dans son interprétation la plus libérale, l’acte unique conduit la libéralisation des services publics. Deux étapes marquent une détérioration importante du partenariat entre associations et pouvoirs publics. 1) La RGPP réorganise les services publics et la structure des budgets de l’Etat et de ses services déconcentrés. Le dialogue et la lisibilité financière devient un challenge pour certaines associations partenaires des politiques les plus touchées (culture, jeunesse et sports, ruralité). 2) Le 18 janvier 2010, la circulaire Fillon, constitue une étape déterminante du glissement vers la mise en concurrence des associations, sous couvert de mise en conformité avec le droit européen. Elle a depuis été remise en question. Mais l’esprit de cette circulaire continue d’impacter politiquement la culture des pouvoirs publics. Quelle participation des associations à la construction des politiques publiques si elles deviennent des prestataires en répondant à un appel d’offre ?

 3) Depuis 2013, les interventions de l’Etat et des collectivités en direction des associations continuent de régresser avec des conséquences politiques et sociales

Au niveau national, les subventions de l’Etat destinées au monde associatif ont baissé de 30% en 5 ans. Avec une concentration des financements vers les plus grosses associations. Ces baisses ont des conséquences sociales : On estime à 9 000, le nombre d’emplois perdu en 2012 dans le monde associatif. Depuis 2010, c’est 26 000 emplois qui ont été supprimés. Si on se projette dans l’avenir, cette situation sera équivalente en termes de perte d’emploi à la reconversion d’un grand secteur économique. Evidemment les économies d’échelle ne sont pas au rendez vous, puisque le coût des emplois détruits et des disparitions d’associations est plus important que les économies réalisées. Ces baisses ont été compensées par les collectivités locales pour partie. Ainsi, en 2009, des collectivités ont déployé des enveloppes supplémentaires pour soutenir les associations frappées par la suppression de certains programmes d’Etat (par exemple, le conseil régional a accordé 1 millions d’euros supplémentaires à la vie associative). 126 000 personnes travaillent dans le secteur de l’économie solidaire et les associations dans la région Nord-Pas-de-Calais, soit 12% de l’emploi privé. Depuis 2000, c’est 27 000 emplois crées pour 34 000 associations crées. Près de 3000 associations sont créées chaque année. En 2013, malgré les difficultés, l’emploi associatif a cru de 0,5%. Ces chiffres globaux cachent des situations très hétérogènes : Parmi les employeurs, on compte dans la région, 46% d’associations comportant moins de 3 salariés, mais aussi environ 200 associations de plus de 100 salariés. Au niveau national, les 200 associations les plus subventionnées représentent 1% des associations touchent plus de 700 millions d’euros, quand les 90% restantes se partagent 500 millions d’euros.

Que peut-on faire aujourd’hui ?

1) Elargir le débat et réactualiser le « logiciel » sur ce que doit être la place des associations dans la vie publique

Pourquoi réactualiser notre logiciel ? Il serait aisé d’égrainer des lieux communs et des principes généraux sur le rôle essentiel des associations. La crise profonde, que connaissent la démocratie et la société française, nous oblige à aller plus loin. Historiquement, les associations ont été des formes d’organisations alternatives au secteur marchand et aux institutions. Qu’ils s’agissent de rendre des services, d’expérimenter de nouvelles activités économiques et sociales, de lanceurs d’alerte, de contre pouvoirs (…). Elles constituent un espace informel qui nous aide à faire société. Or, aujourd’hui, la France est prise dans des courants contradictoires : 1) Un décrochage profond des citoyens vis-à-vis de l’organisation de la démocratie. Cela se traduit par le vote extrême ou l’abstention. 2) Un Etat social en crise, alors que la France est un des pays où les prélèvements obligatoires sont les plus élevés en pourcentage du PIB, soit 46%. Cette redistribution n’est pourtant pas efficace car les écarts et les inégalités continuent de s’accroitre. En même temps, la demande des associations, à être reconnues et soutenues dans leurs initiatives, n’est pas satisfaite. Alors interpeller pour que le partage des richesses contribue à faire vivre les actions collectives au service de l’intérêt général ? C’est aussi se demander comment faire pour refonder le contrat social afin que la marche vers la réduction des inégalités reprenne ? C’est, surtout, se demander, à l’heure des nouvelles formes de militance, comment refonder le contrat politique avec les citoyens et les organisations autonomes qu’il crée pour agir dans l’espace public?

2) Refonder le contrat politique avec les citoyens mobilisés

Les écologistes ont toujours été attachés à une réforme profonde de la démocratie. La VIème République, la décentralisation, la démocratie participative, la mixité dans le monde politique (…) sont des principes revendiqués. Dans l’ensemble de ces principes, la volonté est la même : démocratiser la politique et le processus de construction des politiques publiques.

Partant du diagnostic que les problèmes, que rencontre le Monde depuis la fin du XXème siècle, sont de nature inédite, les écologistes ont la conviction que leurs résolutions passent par nouvelles méthodes d’intervention publique à toutes les échelles. Le processus classique de la construction d’une intervention publique est souvent le même. Souvent on conçoit l’action publique en s’appuyant sur de la littérature grise, technique ou scientifique, puis on la met en œuvre. Comme la culture de l’évaluation et la planification stratégique n’est pas encore totalement intégrée, on y agrège, plus tard, un autre mode d’intervention publique visant à innover tout en corrigeant les effets induits ou les zones d’ombres laissées par le premier.

Prenons un exemple concret : Nous soutenons une agriculture via la politique agricole commune, qui représente 46% du budget de l’Europe. Cette politique représente 55,5 milliards d’euros, dont l’objectif initial était la modernisation des structures agricoles en Europe. Aujourd’hui, on accompagne un modèle de production alimentaire destructeur de l’environnement, réduisant à la pauvreté les petits exploitants au nord comme au sud, ayant un coût sur la santé publique énorme, etc. Dans notre région, 350 000 personnes sont bénéficiaires de l’aide alimentaire. Des ateurs associatifs se mobilisent pour pallier à l’urgence, pour dénoncer l’industrie agro alimentaire ou pour construire une gouvernance alimentaire durable.

 Quels enseignements tirer de cet exemple ? Il ne s’agit pas de redéployer de nouveaux moyens pour soutenir un nouveau modèle agricole mais il faut changer la répartition actuelle pour qu’elle appuie les initiatives porteuses de solutions. Il ne s’agit pas non plus de se contenter, pour se donner bonne conscience, de soutenir à la marge ces initiatives citoyennes de solidarité, de santé ou de consommation responsable, afin qu’elles pallient aux conséquences désastreuses de notre modèle alimentaire. Il s’agit de faire des contrats politiques pour construire des alternatives tout en agissant sur les causes du problème. Un des principales écueils de l’action publique, c’est que dans sa mise en œuvre, par l’effet bureaucratique et parfois celui des lobbys, elle s’éloigne de sa finalité politique initiale. Dans le cas présent, que le but premier de l’agriculture à savoir se nourrir a été dévoyé pour ne devenir qu’un enjeu industriel et économique. Pour éviter cet écueil, il faut construire et faire vivre les politiques publiques avec la société civile organisée (associations, syndicats, chercheurs, etc.). Des expériences existent, souvent portées par les associations elles-mêmes pour créer des nouveaux modes de coopérations entre ces univers.

3) Continuer à améliorer le partenariat avec les associations : Pour un contrat politique renouvelé

Pour améliorer le partenariat entre associations et pouvoirs publics, nous considérons qu’il faut que :

–          Les politiques publiques doivent être mises en débat avec les partenaires mobilisés, en premier lieu desquels, les associations. Cette mise en débat doit porter sur les fondements comme sur les modalités de mise en œuvre de ces politiques publiques.

–          En dehors des cadres déterminés, les associations doivent avoir le droit à l’expérimentation.

–          La qualité du partenariat dépend aussi du mode de contractualisation : le maintien du mode « subventions », le rejet de la mise en concurrence des associations, la simplification administrative grâce à la reconnaissance dans la loi « économie sociale et solidaire » de la subvention ou encore des démarches comme les chartes d’engagement réciproque.

–          Savoir sortir d’une politique de soutien à la vie associative sédimentaire ou affective. Qui peut, avec le temps, devenir un agrégat de propositions citoyennes, parfois obsolètes ou sans finalité politique partagée. La coopération entre associations mais également avec d’autres acteurs (chercheurs, entrepreneurs, etc.) est un levier pour renouveler certains projets.

–          Il y a une alliance à créer entre organisations citoyennes et pouvoirs publics volontaires pour refonder des politiques publiques exemplaires reprenant les principes d’actions énumérées ci-dessus. Au moment où la rigueur budgétaire frappe tous les secteurs de l’action publique, il faut montrer la manière dont associations, pouvoirs publics, par leur alliance, constituent les maillons forts de la mobilisation des citoyens dans la construction de solutions face à la crise.

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A Roubaix, la décision a été prise de mettre en œuvre, dès cette année, la réforme des rythmes scolaires. Lundi, Mardi, Jeudi et Vendredi, les enfants sont scolarisés jusque 15h15. Ensuite, ceux dont les deux parents travaillent, participent à des activités périscolaires. Les autres rentrent chez eux. Une fois par semaine, tous peuvent participer à un club (danse, sports, jeux de société, …)

L’objectif de la réforme des rythmes scolaires était de favoriser la réussite éducative et l’apprentissage des enfants en répondant à deux enjeux : 1) être mieux en phase avec les rythmes biologiques de l’enfant, 2) lui permettre de s’ouvrir à d’autres horizons grâce aux activités périscolaires.

Pour le premier enjeu : A priori, c’est vrai, c’est positif, les horaires sont mieux adaptées. Ceci dit, pour les enfants qui ne mangent pas à la cantine et ne vont pas à la périscolaire, le temps scolaire de l’après midi oblige à des allers retours entre la maison et l’école sur un temps réduit. Par ailleurs, les chronobiologistes disent que  que ce qui fatiguent le plus les enfants, c’est le fait de s’ennuyer ou de ne pas s’épanouir à l’école.

Pour le second enjeu : C’est vrai que cette ouverture à des activités sportives et culturelles est positive. Des clubs ont été mis en place en partenariat avec des acteurs de la ville. Sur cela, rien à dire. En revanche, on peut se demander quel contenu d’éveil va être proposer dans les autres temps périscolaires ? En effet, les enfants n’ont accès à aux clubs qu’une seule fois par semaine.

Mais quelque soit le contenu de ces activités périscolaires (hors club), il y a une rupture d’égalité puisque seuls les enfants dont les parents travaillent y ont accès. Avant quand on emmenait son enfant à l’école publique, trois principes bien connues s’appliquaient d’emblée : 1- La laïcité, 2- L’égalité, 3- La gratuité. C’est un pacte historique. Rappelons nous que pour promouvoir l’égalité, on n’est allé jusqu’à faire porter les uniformes aux enfants. Si on dit : il y a les enfants de salariés et les autres … ce pacte est rompu.

Cette rupture est encore plus grave dans une ville comme Roubaix. On le sait, car les inégalités n’héritent. C’est à dire que nous ne disposons pas des mêmes chances de réussite scolaire selon que l’on vient d’un milieu socio-professionnel ou d’un autre. Aussi, aujourd’hui encore, réussir sa scolarité jusqu’à l’Université par exemple, est réservé majoritairement aux enfants des catégories sociales les plus aisées ou des professions « intellectuelles ».

Vous avez donc des enfants dont les parents ne travaillent pas, qui ont moins de chance de réussite, c’est statistique. Et pour lutte contre l’échec scolaire, vous les différenciez, avec deux catégories, ce qui partent à 15h et les autres. Vous offrez à ce dont les parents travaillent et qui ont le moins de difficultés sociales, des activités périscolaires. Et pour les autres, le droit de rentrer chez eux. Et vous pensez que cela, va dans l’esprit de la réforme, à savoir réduire les inégalités scolaires …

Je ne le pense pas. Je pense que c’est même l’inverse.

C’est vrai que le surcout de la réforme, plus de 3 millions d’euros pour la ville, a conduit à faire des choix. Principe de réalité.

Mais dans un pays dont l’ascenceur social est en panne, dans une ville qui compte le taux record de jeunes qui sortent sans diplôme de l’école, a-t-on le droit de proposer une organisation scolaire qui va aggraver les inégalités ?

Est-il difficile d’imaginer que cette différenciation des enfants de 15h et les autres soient perceptibles par les enfants eux – mêmes ? Si j’étais scolarisée aujourd’hui, je serais un enfant de 15h … et je n’aurais pas aimé.

Ne doit-on pas demander des crédits supplémentaires ? Ne peut-on pas optimiser le partenariat avec les associations culturelles et sportives pour qu’elles se mobilisent encore plus pour offrir à tous les enfants l’éveil dont ils ont besoin pour réussir leur scolarité et leur vie ?

Sauvons l’école de la République, Sauvons le lycée Maxence Van Der Meersch a mis en alerte les élus de toute la Région sur les décisions graves prises unilatéralement par le rectorat pour la rentrée prochaine. De toute la région, des situations alarmantes de suppressions de postes, de classes et de fermeture de lycée sont mises à jour. Pour interpeller le rectorat, lors de la plénière du Conseil Régional des 23 & 24 février, le groupe des élus Europe Ecologie les Verts du Conseil régional déposera une motion d’urgence pour interpeller le rectorat.

Quelques questions sont posées au rectorat par les élus EELV  sur les suppressions de classes et de postes dans les établissements suivants : les Lycées Professionnels de St Amand, Denain, Anzin, Wasquehal (Cousteau), le lycée Châtelet à Douai, le lycée Europe à Dunkerque, l’ESAAT à Roubaix, le lycée Marguerite de Flandre à Gondecourt, le lycée Jesse de Forest à Avesnes sur Helpe,le lycée Queneau à Villeneuve d’ascq, le lycée Fenelon à Cambrai, le lycée Montebello à Lille, le lycée Corot à Douai, le lycée Pasteur à Somain, le lycée Rimbaud à Sin le Noble. Et sur le Lycée Maxence Van Der Meersch à Roubaix menacé de fermeture,

« Le lycée Van der Mersch de Roubaix pourrait être fermé alors que la région vient d’y investir massivement : un internat de 144 places, un équipement sportif comprenant un stade et une piscine…et fermera t’on la section sport étude vélo, installée ici car le lycée est au pied du vélodrome ?  » demande Majdouline Sbaï, vice présidente du Conseil régional en charge de la Citoyenneté, des Relations internationales et de la Coopération décentralisée.

« L’impossible partenariat entre la Région et le rectorat, quel est son impact pour nos lycéens ? A la demande du recteur, ce sont 2 réunions séparées qui vont se tenir pour préparer la rentrée scolaire : une à la Région, une au rectorat. Comment s’étonner de décisions contradictoires, de gaspillages dans de telles conditions ?  » demande Sandrine Rousseau, vice Présidente du Conseil régional en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

« Le décrochage croissant de lycéens n’est il pas le fruit d’une politique délibérée du rectorat, et donc l’Etat ? Les 8000 élèves « décrocheurs » annoncés par le rectorat ne sont ils pas en réalité 16 000 si on intègre les plus de 18 ans, les doublants, et les triplants non repris par les établissements ?  » questionne Sylvain Estager, Conseiller régional

 

TEXTE COMPLET DE LA MOTION D’URGENCE

En cette période de préparation de la rentrée scolaire 2012, la Région découvre avec surprise et colère que le rectorat a décidé de manière unilatérale de suppressions de classes et de postes, allant même jusqu’a menacer de fermeture un lycée.

 
Les cas sont nombreux : le Lycée Maxence Van Der Meersch à Roubaix menacé de fermeture, les Lycées Professionnels de St Amand, Denain, Anzin, Wasquehal (Cousteau), le lycée Châtelet à Douai, le lycée Europe à Dunkerque, l’ESAAT à Roubaix, le lycée Marguerite de Flandre à Gondecourt, le lycée Jesse de Forest à Avesnes sur Helpe,le lycée Queneau à Villeneuve d’ascq, le lycée Fenelon à Cambrai, le lycée Montebello à Lille, le lycée Corot à Douai, le lycée Pasteur à Somain, le lycée Rimbaud à Sin le Noble.

Ces décisions sont unilatérales, sans aucune concertation ou information des collectivités locales compétentes, des associations de parents d’élèves ou des personnels pédagogiques et techniques.

Nous contestons la volonté du rectorat de réduire la réussite éducative à un exercice purement comptable :

 – qui néglige les investissements importants réalisés par les collectivités locales pour consolider des lycées de haute qualité éducative et sociétale.

 – qui ignore que les établissements sont pensés dans des politiques d’aménagement du territoire, de redynamisation urbaine ou de développement local.

 – qui refuse d’entendre les dynamiques pédagogiques et sociales portées par le corps enseignant et les parents d’élèves.

Ayant compétence sur les lycées, l’apprentissage, la formation professionnelle, la Région doit être être écoutée par le rectorat. C’est en effet la Région qui investit, anticipe et contractualise. La co-gestion s’impose, nous le rappelons ici avec force.

Le habitants ne veulent pas non plus de cette politique du rectorat. Il est frappant pour qui se déplace dans la région de voir l’opposition citoyenne : nombre de banderoles, slogans et autres affiches de protestation fleurissent aux frontons des établissements scolaires.

Par cette motion la Région soutient cette opposition citoyenne légitime et rappelle au rectorat que la gestion des lycées doit se faire en collaboration, car nous avons ensemble la responsabilité du bien être et la réussite de nos lycéens.

Voici l’intervention au conseil municipal de Roubaix (15 février 2012) de Christian Carlier, conseiller municipal d’opposition d’Europe Ecologie Les Verts à Roubaix (à gauche sur la photo). Il s’exprime sur le budget municipal. J’aime beaucoup son style, comment il raconte l’histoire des écologistes à Roubaix et comment il met en valeur toute l’importance de la candidature d’Eva Joly à la présidentielle. Jolie plume.

 » Voici venu le moment de lever l’insoutenable suspense, l’autre insoutenable suspense de la soirée.

Mais que vont donc faire les élus du groupe « ouVERTement à gauche » à propos du budget 2012 ?

Il est traditionnel, et plutôt banal, de considérer le budget comme l’expression du projet politique de la majorité municipale et son vote comme la manifestation de son unité.

Qu’est ce qu’une majorité ?

Les Verts de Roubaix ont maintenant une longue expérience municipale.

En 1989 et en 1995, ils ont fait liste commune dés le 1er tour avec les forces de gauche, leur représentant a siégé pendant 2 mandats dans la minorité.

En 2001, ils ont fusionné entre les 2 tours avec l’autre liste de gauche, et je me souviens qu’elle était alors particulièrement sourcilleuse sur ce point, et ils ont participé à une aventure majoritaire.

Depuis 2008, ils n’appartiennent pas à la majorité.

Les Verts ont fait preuve de constance sur au moins 2 points.

D’abord dans leur ancrage à gauche et dans leur sens des responsabilités par rapport à cet ancrage.

Cela s’est vu en 89 et 95.

Les mutations sociales qui bouleversaient la ville donnaient de bien vilaines pensées à certains, les incertitudes de l’après Mitterrand faisaient vaciller les convictions de bien d’autres.

La facilité aurait peut être été alors de jouer perso et advienne que pourra de la gauche à Roubaix, ils ont fait alors liste commune.

Cela s’est aussi vu en 2001 où ils ont accepté une fusion qui n’était somme toute pas très équitable pour eux. Mais ce qui était susceptible de se passer à LMCU était important pour l’avenir de la gauche dans l’agglomération.

Nous savons que chacun, à Roubaix et ailleurs, fera preuve à l’avenir d’un tel sens des responsabilités.

Constance aussi dans l’affirmation de leur singularité écologiste et dans leur sens des responsabilités par rapport à cette singularité.

Singularité écologiste née dans l’expérience associative, professionnelle parfois, le terrain pour reprendre un mot galvaudé, expérience conduisant au constat que des valeurs comme démocratie, égalité, ne se traduisaient pas suffisamment en actes dans les politiques publiques.

Singularité développée, car comme le rappelait Eva JOLY, on ne naît pas écologiste, on le devient, par le constat que les crises financières, sociales, écologiques nous conduisent à l’abîme.

La responsabilité, c’est de ne pas accepter l’inacceptable, c’est aussi de refuser l’incantation, c’est de prendre les moyens pour que les choses changent dans le bon sens, en terme d’alliance, en terme de travail, ce qui est réalisé à LMCU et à la Région en atteste, comme ce qui a pu être fait à Roubaix de 2001 à 2008, certes dans la douleur.

Après 30 ans de Politique de la Ville, Roubaix est toujours sur le podium pour la pauvreté et les inégalités.

Tous les indicateurs écologiques passent au rouge et nous avons un président sortant qui n’arrête pas de proclamer que l’environnement, ça commence à bien faire.

C’est dire que des changements politiques s’imposent.

Il faut une expression écologique forte et autonome, c’est bien le sens de la candidature d’Eva Joly, il faut des accords pour travailler dans la rigueur, l’efficacité et le respect, c’est bien le sens de l’accord pour les législatives, après celui des sénatoriales.

Alors qu’est ce qu’une majorité municipale ?

C’est d’abord une liste qui se constitue et élabore son projet et son programme. C’est l’expression des électeurs, aussi, ne l’oublions pas.

Et une fois l’élection acquise, c’est un dispositif de travail qui doit mettre en œuvre le projet et aussi s’adapter aux évolutions et aux opportunités tout en tenant le cap.

A Roubaix, il y a une majorité, qui, de par sa volonté, s’est constitué sans les Verts, qui travaille, qui développe son projet qui n’était pas celui des Verts en 2008 et qui nous présente aujourd’hui son budget 2012, le fruit de son travail.

Et il y a un groupe minoritaire, ouVERTement à gauche, qui, et pour cause, n’a pas participé à ce travail.

La conclusion s’impose : nous ne faisons pas partie de la majorité municipale, nous n’avons pas participé à ce budget, nous ne participerons donc pas au vote.

Et je voudrais pour finir saluer Mme FRANCOIS qui, dans cette majorité qui n’est pas la mienne, s’est chargé d’une tâche toujours ingrate dans un environnement ingrat ».

Hier après midi, les élèves, parents et enseignants étaient au centre ville de Roubaix pour manifester et informer.

Une manifestation est prévu ce samedi 21 janvier à 11h devant le lycée. Une grande manifestation aura lieu le Samedi 28 janvier, – départ du Lycée Van Der Meersh à 14H, pour se diriger sur la place de la mairie de Roubaix.

Se battre contre la fermeture du Lycée Maxence Van Der Meersch, c’est résisté face au retrait de moyens dans l’éducation nationale. C’est agir face à l’injustice qui conduit une des régions les plus en difficultés en France à subir le plus de suppression de postes d’enseignants et de ressources pour la réussite scolaire des jeunes.
Ci dessous les photos de la mobilisation. Mme Pamart en action, biensûr. J’ai adoré les lycéens qui ont improvisé une scénette de théâtre montrant le mariage forcé entre le Lycée Maxence Van Der Meersch et le Lycée Rostand.
C’était drôle et créatif. L’ironie, la culture et le rire un bon moyen de résister …

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Hier soir, nous avons tenu une rencontre citoyenne sur le thème de la transformation énergétique à Roubaix. Nous étions une quinzaine d’écolos à participer à cette échange.

Le contexte national et international montre une fragilité des modes de consommation et de production énergétique choisie par les pays de Nord et une difficulté d’accès à l’énergie pour les pays du Sud et les populations les plus démunies. Risque nucléaire, pénurie de pétrole, dérèglement climatique, etc. sont autant de dangers à venir et présent. Il est urgent de construire de vrais politiques énergétiques concertées avec les habitants et les citoyens. La question énergétique a de telles conséquences sur la vie des gens qu’elle ne peut être aborder que sous l’angle technique ou économique. Il faut se questionner sur les choix de société que nous faisons : Pourquoi avons – nous besoin d’énergie ? quels sont ces besoins ? quels modes de production voulons-nous choisir ? etc. Depuis de nombreuses années, l’écologie politique aborde ces problèmatiques et des mouvements citoyens proposent des alternatives. Des écogestes pour économiser l’énergie, des investissements pour rendre plus efficaces l’utilisation de l’énergie (isolation pour les habitations, etc.), et enfin, le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire, etc.). L’ensemble de ces propositions ont un seul objectif : Avoir de l’énergie pour les besoins nécessaires à notre vie sans détruire la vie (l’environnement et les générations futures)

Au niveau régional, le principal poste d’émission de gaz à effet de serre et de consommation énergétique est l’industrie (en particulier la sidérurgie). Un scénario de division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre en se passant du nucléaire d’ici à 2050 a été réalisé par une association Virage Energie. Le Conseil Régional s’est appuyé sur ce travail pour construire sa politique énergétique et ses programmes de lutte contre le réchauffement climatique (Plan Climat).

A Roubaix et environs, la question énergétique se pose dans des termes particuliers. L’accès à l’énergie et au confort élémentaire n’est pas toujours garantie : Avec des habitations qui sont des passoires énergétiques et des habitants dans des situations de détresse sociale. A cause de la dégradation du cadre de vie, certains habitants peuvent être choisir d’habiter en périphérie des villes avec pour contrainte l’usage de l’automobile (et donc du pétrole). Dans ces deux situations, les politiques d’habitat et d’aménagement sont donc centrales dans notre réflexion sur la transformation énergétique de Roubaix et environs : L’isolation des logements, le lobbying pour une tarification sociale de l’énergie au niveau national et le développement des énergies renouvelables (avec notamment les réseaux de chaleurs urbains); L’amélioration du cadre de vie pour donner envie aux habitants de rester en ville. Un autre axe important est le gisement d’emploi que représente l’énergie. Il faut favoriser le développement des filières de formation aux métiers de l’écoconstruction, de l’énergie verte ou encore du démantélement du nucléaire et les rendre accessible aux jeunes de notre territoire.

Notre échange a montré la nécessité d’avoir une approche globale et non technique de la question de l’énergie. Comment construire un discours qui développe la conscience des citoyens, y compris les plus éloignés de la politique ? Comment faire participer les citoyens  à ce changement de modèle énergétique ? Comment construire des projets concrets et attractifs sur l’énergie, à l’échelle de notre territoire, qui transforment notre modèle énergétique coûteux et polluant et améliorent la vie des habitants ?

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Pour EELV, ce n’est que le début de l’écriture d’un scénario pour une justice écologique et sociale à Roubaix et environs. Ce scénario continuera à s’écrire dans nos prochains cafés citoyens qui se tiendront à BARAKA.

Comme les lycéens, parents d’élèves, enseignants et administrateurs, j’ai été très choqué. Depuis hier, le rectorat semble être revenu sur cette annonce et envisage désormais uniquement la fermeture des classes de seconde. Cela n’empêche pas que la situation est inquiétante.

Tout d’abord, je trouve inquiétant l’absence totale de concertation autour de ces décisions. Cette absence d’anticipation ou de concertation a des conséquences, puisque depuis plusieurs années, le Conseil Régional poursuit une politique d’amélioration des conditions de scolarisation et d’investissement pédagogique à Van Der Meersch  (Laboratoire STL, plateau sportif de niveau régional, etc.). Fermé Van Der Meersch signifie une déperdition de ces projets de développement de l’établissement pourtant menés conjointement avec les équipes de direction et les équipes enseignantes. Ensuite, l’absence de concertation est grave parce qu’elle concerne des décisions qui impactent lourdement la scolarité, la vie des familles et des élèves et l’ensemble d’un territoire. A mon sens, l’avenir des jeunes lycéens de notre région méritent mieux que cela. Enfin, je considère qu’une politique éducative ne se construit pas uniquement avec un calculette. Elle ne consiste pas à additionner des élèves et soustraire des postes d’enseignants. Une politique éducative nécessite de se pencher avec plus de finesse sur les envies et possibilités des élèves, les projets des établissements et les réalités des villes et territoires. En un mot, elle nécessitent que l’ensemble des acteurs se concertent ensemble autour d’un objectif commun, celui de la réussite scolaire pour tous, quelque soit les moyens nécessaires.
C’est pourquoi, dans les conditions actuelles, je suis en désaccord avec la perspective envisagée de fermeture du Lycée Van Der Meersch.